14.01.2026
1. Principes généraux ; conditions d’accès au régime
Les retraités étrangers qui transfèrent leur résidence fiscale dans le sud de l’Italie peuvent bénéficier, pour une durée maximale de dix ans, d’un régime fiscal spécifique prévoyant l’application d’une flat tax de 7 % non seulement sur la pension étrangère, mais sur l’ensemble des revenus produits à l’étranger.
Ce régime est régi par l’article 24-ter du TUIR, introduit par l’article 1, alinéa 273, de la loi n° 145/2018. Il s’applique aux retraités n’ayant pas été fiscalement résidents en Italie au cours des cinq années précédant le transfert et qui établissent leur résidence dans une commune de moins de 20’000 habitants située dans les Abruzzes, la Basilicate, la Calabre, la Campanie, le Molise, les Pouilles, la Sardaigne ou la Sicile.
2. Une analyse à mener au cas par cas
Dans la mesure où la flat tax au taux de 7 % ne s’applique pas exclusivement à la pension étrangère, mais à toutes les catégories de revenus produits à l’étranger, ce régime peut se révéler attractif également pour les retraités percevant, en plus de leur pension, des revenus financiers étrangers ou d’autres revenus de source étrangère..
Pour les personnes dont les revenus étrangers sont prépondérants par rapport à la pension, l’opportunité d’opter pour le régime italien des retraités doit toutefois être appréciée au cas par cas, sur la base d’une analyse approfondie de la Convention contre les doubles impositions en vigueur entre l’Italie et l’État de provenance.
En particulier, le régime peut se révéler peu avantageux pour les contribuables dont le revenu principal ne provient pas de la pension étrangère, mais d’immeubles situés à l’étranger et détenus directement par la personne physique qui envisage de transférer sa résidence en Italie. En effet, dans les conventions contre les doubles impositions conclues par l’Italie, les revenus immobiliers sont, en règle générale, imposables dans l’État où l’immeuble est situé (article 6 du Modèle OCDE). Il en résulte que ces revenus demeurent imposables dans l’État étranger et, en cas d’option pour le régime des retraités, sont également soumis à la flat tax de 7 % en Italie, sans possibilité d’imputation de l’impôt étranger.
Le présent article ne traite pas du régime fiscal applicable aux étrangers à haute valeur patrimoniale (High Net Worth Foreigners), reposant sur l’application d’un impôt forfaitaire annuel de Euro 300’000, précédemment fixé à Euro 200’000, et répondant à une logique patrimoniale spécifique. L’analyse se concentre exclusivement sur les retraités suisses envisageant un transfert de résidence en Italie, sous l’angle du régime fiscal des retraités étrangers et de l’attractivité croissante de la Sardaigne en tant que destination privilégiée.
3. Retraités suisses et pensions suisses : régimes applicables
Il convient de préciser que le régime des retraités ne s’adresse pas exclusivement aux ressortissants étrangers, mais peut également concerner les citoyens italiens retraités résidant à l’étranger. Pour ces derniers, le droit italien prévoit toutefois depuis longtemps un traitement de faveur spécifique en ce qui concerne les prestations de retraite suisses. En particulier, l’accord italo-suisse du 3 octobre 1974, mentionné à l’article 76 de la loi n° 413/1991 et mis en œuvre par la loi n° 386/1975, permet l’application d’une retenue, ou d’un impôt substitutif, au taux de 5 % sur les pensions de source suisse.
Pour les citoyens italiens, l’avantage fiscal de 5 % s’applique sans restriction territoriale, le retraité pouvant établir sa résidence dans n’importe quelle commune italienne. Ce taux préférentiel est toutefois limité à la seule pension suisse, les autres revenus restant soumis à l’imposition ordinaire italienne. À l’inverse, la flat tax de 7 % applicable à l’ensemble des revenus de source étrangère ne peut être obtenue qu’en optant pour le régime de l’article 24-ter du TUIR, lequel suppose un transfert de résidence depuis l’étranger dans une commune spécifiquement prévue par la législation.
4. Suisse vs Italie : comparaison de la charge fiscale globale
Pour les personnes résidentes en Suisse qui évaluent le régime italien des retraités dans une optique de pur allègement fiscal, il est indéniable que le taux de 7 % est inférieur à la pression fiscale appliquée dans la majorité des cantons suisses sur les revenus imposables. À cet avantage s’ajoute l’absence, dans le système fiscal italien, d’un impôt sur la fortune, lequel constitue au contraire un élément structurel du système fiscal suisse.
Une analyse plus approfondie s’impose toutefois pour les contribuables percevant, en plus de leur pension, d’autres revenus de source suisse. Dans ces cas, l’intérêt réel du régime doit être apprécié sur la base de la convention contre les doubles impositions entre l’Italie et la Suisse. Le transfert de la résidence en Italie peut notamment s’avérer fiscalement neutre, voire défavorable, pour les retraités disposant de revenus immobiliers importants en Suisse et d’une pension relativement modeste.
Il convient néanmoins de relever que les personnes propriétaires d’immeubles en Suisse sont soumises, lorsqu’elles y résident, tant à l’impôt sur le revenu qu’à l’impôt sur la fortune calculé sur la valeur des biens immobiliers, impôt inexistant dans le système fiscal italien. Dès lors, l’appréciation de l’intérêt d’un transfert de résidence en Italie et de l’accès au régime des retraités doit s’effectuer sur la base d’une analyse globale de la charge fiscale et de la structure patrimoniale, laquelle peut, dans certains cas particuliers, conduire à un résultat favorable même en présence de revenus immobiliers de source étrangère.
Lorsque les immeubles sont détenus par l’intermédiaire d’une société suisse, l’analyse doit intégrer le traitement fiscal des dividendes dans les deux pays. En présence de revenus immobiliers prépondérants, le régime italien des retraités est susceptible de ne pas présenter d’avantage. Seules certaines configurations patrimoniales spécifiques, dans lesquelles les dividendes ne constituent qu’un élément accessoire des revenus globaux, peuvent justifier une analyse approfondie et individualisée.
5. Qualité de vie et pouvoir d’achat dans le sud de l’Italie
Au allègement fiscal s’ajoute enfin une augmentation sensible du pouvoir d’achat, le coût de la vie dans le sud de l’Italie étant notoirement inférieur à celui de la Suisse.
Dans ce contexte, la Sardaigne se distingue comme l’une des destinations les plus attractives pour les retraités suisses, grâce à son climat doux, à la beauté exceptionnelle de la mer, à des paysages naturels encore largement préservés, à la qualité de l’alimentation et à l’hospitalité traditionnelle de sa population. À ces éléments s’ajoute un facteur de première importance pour toute personne envisageant un transfert durable : la Sardaigne est largement reconnue comme l’une des régions les plus sûres d’Italie et se distingue, par ses indicateurs de sécurité, parmi les territoires affichant les niveaux les plus élevés de sécurité en Europe, en particulier dans les communes de petite et moyenne taille où le régime des retraités trouve plus aisément à s’appliquer. Dans ce cadre, les littoraux du sud-ouest, tels que Pula et les communes avoisinantes, ainsi que ceux du sud-est, comme Villasimius et les localités environnantes, figurent parmi les zones les plus prisées, car ils offrent les avantages d’une résidence en bord de mer combinés à une accessibilité aisée au chef-lieu Cagliari, avec l’ensemble des services, infrastructures et opportunités qu’une ville de plus grande dimension est en mesure d’offrir.
Cette attractivité trouve également confirmation dans la reconnaissance internationale accordée à la Sardaigne. L’île est régulièrement mise en avant par des publications de référence, telles que Condé Nast Traveller, qui l’ont à plusieurs reprises classée parmi les meilleures îles d’Europe, en mettant en lumière la beauté de ses paysages, la qualité de son littoral et l’atmosphère de calme et de sérénité qui la distingue.
Plus récemment, la Sardaigne a été incluse parmi les destinations « Best in Travel 2026 » par Lonely Planet, en tant qu’unique région européenne figurant dans cette sélection. Cette reconnaissance souligne son attrait croissant auprès d’un public international à la recherche de destinations offrant un haut niveau de qualité de vie, de sécurité et d’authenticité, y compris pour des séjours de longue durée et des projets de résidence stable.
